Tendinites – Les dernières avancées thérapeutiques

Petit Rappel sur la constitution du tendon

Le muscle est constitué de deux parties :
le corps charnu et de son extrémité le tendon qui vient s’attacher sur la pièce osseuse.

Le tendon est constitué de fibres de collagène (des protéines résistantes aux fortes tractions mais faiblement extensibles) disposées de façon parallèle formant des faisceaux et des cellules, les ténocytes.

En cas de sollicitation excessive ou inhabituelle ou lorsque les tendons sont abimés ou usés, le risque de tendinopathie survient. On parle dans le langage courant de TENDINITE, ce qui implique des phénomènes inflammatoires, mais actuellement on parle plus de TENDINOSE en rapport avec une altération du tendon.

C’est donc une véritable pathologie microtraumatique d’hyper-utilisation, sur un tendon vieillissant soumis à des contraintes dépassant ses propriétés biomécaniques.

Cette tendinose peut être multifactorielle :

  • L’hyper-utilisation intense et répétitive des tendons est un facteur (sport, activités professionnelles)
  • L’âge : à partir de 40 ans le tendon se révèle moins élastique, moins souple et moins vascularisé.
  • Des problèmes dentaires (caries, abcès), la prise de certains médicaments ou encore la déshydratation constituent des facteurs de risques supplémentaires.

Les fibres conjonctives du tendon s’amincissent, perdent leur parallélisme et se séparent les unes des autres, se désorganisent.
Le tendon devient ainsi plus rigide, plus vulnérable aux contraintes et aux efforts.
Le tendon se « grippe » tout comme une corde grippée.

Les tendinopathies les plus exposées sont :

Pour le membre supérieur :

  • l’épaule(la coiffe des rotateurs)
  • Le coude (le tennis elbow et le golf elbow)

Pour le membre inférieur :

  • La hanche (les fessiers avec une prédisposition davantage concernée pour les femmes)
  • le genou (tendon rotulien)
  • la cheville (tendon d’Achille)
  • le pied (épine calcanéenne, l’aponévrose plantaire)

L’échelle de Blazina permet d’évaluer le retentissement fonctionnel des tendinopathies. Elles se manifestent par les douleurs plus ou moins intenses qui apparaissent au cours d’exercice physique soutenus (sport, jardinage, ports de charges lourdes…)

Stade 1 : Le patient ressent des douleurs uniquement après l’effort (même 24 H après l’effort)
Stade 2 : Le patient ressent des douleurs au début de l’effort cédant après l’échauffement pour réapparaître à la fatigue
Stade 3 : La douleur est permanente lors de l’effort permettant la poursuite de la pratique mais avec diminution des performances nécessitant l’arrêt de ce dernier
Stade 4 : Rupture du tendon

Des traitements récents efficaces

Pour les patients résistant aux traitements conventionnels comportant selon les grades de gravité : glaçage, physiothérapie, anti-douleur, anti-inflammatoire, restriction de la pratique sportive, voire repos complet. Quelles sont les dernières avancées ?
Trois récentes prises en charge prescrites selon la localisation : l’importance, l’ancienneté et l’échec des techniques citées plus haut.

Traitement par ondes de choc

On tape sur le tendon afin de le dégripper.
Le principe ?
Le praticien applique un appareil à générateur d’ondes au niveau du tendon.
il délivre des impulsions très rapprochées qui augmentent localement la micro-circulation et favorise ainsi la stimulation du tendon et sa guérison.
Cinq à six séances sont recommandées en respectant un intervalle entre les séances.
D’après de nombreuses études, la technique a fait ses preuves et on estime que l’efficacité à long terme serait démontrée chez 50 à 80% des patients traités.
Ce traitement par ondes de choc devrait être complété par un travail musculaire excentrique, entrant dans un protocole de kinésithérapie dite « traditionnelle » et par l’association immédiate de neurocryostimulation.
Cette neurocryostimulation locale permet une vasodilatation locale importante notamment du système veineux et lymphatique et favoriserait le drainage des débris collagéniques réalisés par les ondes de chocs précédemment (Docteur M.Rozenblat). Mais surtout l’effet immédiat de la neurocryostimutation inhiberait la douleur, si elle est appliquée en choc thermique (Voir article sur la cryothérapie)
L’association de ces deux techniques, ODC et cryostimulation, semble intéressante.

Le travail musculaire excentrique

Cette méthode est la seule qui stimule la synthèse du collagène et permet la réorganisation du tissus tendineux.
A la suite des travaux de Stanish de nombreuses études scientifiques publiées dans les plus grandes revues médicales comme « Clinical Orthopaedics » ont confirmé l’excellence des résultats chez des malades réellement motivés.
Ces exercices à base d’étirement-freinage du tendon sont d’abord initiés par le kinésithérapeute au cours des séances, puis reprises par le patient qui les réalise régulièrement avec une progression au niveau des forces, des répétitions et de la vitesse.
C’est la technique d’orientation de la cicatrisation du tendon.

Traitement par injection de plasma riche en plaquette (PRP)

C’est ce qu’on appelle « les facteurs de croissance »
Il s’agit de substances présentes dans les plaquettes sanguines qui agissent comme activateurs de la cicatrisation de différents tissus;
Ce procédé consiste à prélever du sang du malade puis à le centrifuger afin d’obtenir un plasma contenant une forte concentration de plaquettes (sans globules rouges).
Ce plasma autologue concentré (son propre plasma) est ensuite injecté dans et autour du tendon.
Les nombreuses études internationales dont celles publiées dans « The American Journal of Sports Médecine » rapportent de bons résultats à long terme, mais dans des proportions très variables.
Cette méthode connait un fort essor afin de tenter de favoriser une cicatrisation des lésions récitantes à la prise en charge conservatrice maximale et parfois une reprise rapide des activités; mais elle nécessite plus d’études afin de standardiser et d’optimiser ces résultats

Références:
Docteur M.Rozenblat (médecin diplômé en Traumatologie du Sport – Ozoir-la- Ferriere)
Docteur H.de Labareyre (médecin diplômé en Traumatologie du Sport-Clinique des Lilas-Seine St-Denis)
Docteur Augareils (médecin Rhumatologue-Clinique Pasteur-Toulouse)
Docteur M.Julia (médecin spécialisé en Médecine Physique et Réadaptation-CHU Montpellier)
Professeur J.Rodineau (spécialisé en Médecine Physique et Réadaptation – Ex-président de la Société Française de Traumatologie)